Mécanismes de financement

La conservation durable du complexe WAPO repose sur l’activation de mécanismes de mobilisation des ressources financières. Nécessaires à la prise en charge des programmes de conservation et d’utilisation durable de ce patrimoine naturel régional et mondial, les ressources financières viennent principalement de quatre contributeurs :

  • les gouvernements des Etats du WAPO ;
  • les partenaires techniques et financiers internationaux ;
  • les organisations régionales par le biais de projets de conservation conclus avec les Etats et/ou les ONGs ;
  • les fonds fiduciaires pour la conservation ;
  • les paiements pour services des écosystèmes, etc.

 
D’autres contributions peuvent également y abonder, parmi lesquels le mécanisme REDD+ lié à la valorisation des outils de carbone, les dons des philanthropes.
Les Etats du Bénin, du Burkina Faso, du Niger et du Togo, travaillent de concert à travers plusieurs initiatives afin de construire les bases nécessaires à une conservation durable du système des aires protégées du Complexe WAPO et ses zones d’influence. Mais l’efficacité des actions de conservation reste dépendante de la régularité de l’appui financier. Or, actuellement, la contribution des aires protégées aux coûts de leur propre gestion ne dépasse guère 20% des besoins annuels. Il en est de même des budgets nationaux qui ne peuvent pas faire face à l’énorme besoin en investissements structurants dans ces aires protégées.

Sources potentielles de financement

  • Dotations budgétaires des Etats;
  • Redevances touristiques;
  • Fondations philanthropiques;
  • Echanges dettes-nature;
  • Projets de contrepartie de la fixation de carbone;
  • Fonds environnementaux;
  • Subventions des institutions;
  • Paiements des services fournis par les écosystèmes.

 

Fonds régionaux structurels

A cette panoplie d’initiatives, il existe des fonds régionaux structurels qui pourraient contribuer au financement durable des aires protégées du complexe WAPO, parmi lesquels :

  • le Fonds d'Aide à l'Intégration Régionale des Etats membres de l'UEMOA (FAIR)

Le FAIR, institué sur proposition du Conseil des Ministres de l'UEMOA, est destiné au financement de l'aménagement équilibré du territoire communautaire, en contribuant à la réduction des disparités régionales. Les ressources du FAIR sont constituées de ressources propres affectées de l'Union et d'autres ressources auxquelles l'Union peut avoir recours : emprunts, subventions et aides extérieures compatibles avec ses objectifs.

  • le Fonds Régional de Développement Agricole (FRDA)

Le FRDA a été créé en mars 2006 par l’Acte Additionnel N°03/2006 de l’UEMOA pour financer les programmes de la Politique Agricole de l’UEMOA (PAU). Le Règlement N°06/2006/CM/UEMOA, adopté en mai 2006, fixe les modalités d’intervention, d’organisation et de fonctionnement du Fonds. Le Comité Technique Consultatif du Fonds est installé. Le manuel de procédures existe, les programmes et projets éligibles identifiés. Le Fonds est opérationnel depuis 2011.

  • le Fond Régional pour l'Agriculture et l'Alimentation de la CEDEAO

Le Fond Régional pour l'Agriculture et l'Alimentation de la CEDEAO sera bientôt opérationnel pour le financement des projets. Ce Fond dispose 4 guichets dont un concerne les projets relatifs à la gestion des ressources naturelles. Il sera accessible via l’Agence Régionale pour l'Agriculture et l'Alimentation (ARAA), basée à Lomé (Togo).

  • la Fondation des Savanes Ouest-Africaine (FSOA)

Sur la base des recommandations d’études menées en 2001 et 2003, le Gouvernement du Bénin et ses partenaires techniques et financiers se sont engagés dans le processus de création d’une structure privée pour la gestion d’une donation à hauteur de 7,871 milliards de FCFA. Mise sur pied en 2012, la Fondation des Savanes Ouest-Africaine a la charge de gérer cette donation pour répondre au souci de financement durable des réserves de biosphère du WAP. La FSOA a pour objectifs de promouvoir la conservation et de faire progresser l’éducation, la science et l’écodéveloppement local à travers la gestion écologiquement durable des ressources naturelles du complexe WAP. Les ressources actuelles de la fondation sont supérieures à 15 milliards de FCFA, mobilisées auprès de l’Etat du Bénin, de la KfW et du FEM.
Elle a une vocation régionale et prévoit de s’ouvrir aux autres Etats concernés par le complexe WAPO, à savoir le Burkina Faso, le Niger et le Togo.

Autres initiatives de financement

  • Mécanisme du REDD+

Sous le mécanisme du REDD+ (reducing emissions from deforestation and forest degradation) les Gouvernements peuvent faire appel à des fonds pour les aires protégées et les communautés environnantes (ZOVIC/REVICA). En effet, ces sites peuvent être perçus comme des « puits de carbone » si leur protection permet de les sauver d’une dégradation ou d’une déforestation (à des fins agricoles).
Ils peuvent donc vendre des crédits carbone sur le marché où les pollueurs les achètent.
Le Bureau de Coordination Générale du PAPE a échangé avec la SNV sur un éventuel appui à la mise en place d’un tel programme.

  • Paiements pour services écosystémiques

Les sites des aires protégées et les ZOVIC/REVICA rendent de multiples et divers services écosystémiques aux niveaux local, national et régional. Le principe voudrait que les bénéficiaires de ces services puissent payer pour garantir le maintien de ces services écosystémiques par les communautés qui les protègent.