Pratiques traditionnelles ancestrales et droit foncier

Médecine traditionnelle

Plus de 200 espèces végétales sont utilisées en pharmacopée traditionnelle. Les traitements utilisent aussi bien les feuilles, les fruits, les rameaux, les écorces, les racines, les plantes entières et les produits issus de la faune.

Pratiques traditionnelles de conservation

Dans le complexe WAPO, les méthodes traditionnelles de conservation de la biodiversité ont longtemps été basées sur la croyance religieuse. La chasse était réglementée par des mythes et des totems animaliers au niveau de chaque clan. L’animal-totem n’était pas consommé, ni manipulé (Kiansi, 1997).
Une seule expédition de chasse collective était organisée de façon annuelle et rotative. Selon la disponibilité des groupes ethniques, la tenue de l’activité pouvait être plus espacée (une fois tous les deux ou trois ans).
L’utilisation des ressources halieutiques répondait au même principe. L'organisation de la pêche traditionnelle dans une source d'eau était placée sous la responsabilité de la famille propriétaire de la source. La pêche s'organisait une fois tous les deux ou trois ans au niveau des sources importantes et à l'approche de la saison des pluies pour que l'eau de pluie atténue les effets de la décoction (poison naturel à base de plantes locales) utilisée pour amoindrir l’agilité des poissons.
Encore aujourd’hui, le souci de préservation et de gestion durable des ressources est resté la norme pour les prises de décision des populations.

Savoirs et savoir-faire traditionnels

Chasse traditionnelle

Certains groupes sociaux (chefs de village, chefs de terre etc.) possèdent des droits traditionnels liés à la terre et à la gestion des ressources naturelles. Ces groupes continuent à régler le bail des terres et l'utilisation des ressources naturelles dans les différents villages. Ils sont chargés de donner des terres aux nouveaux arrivants (en contradiction avec la législation nationale en matière de droit foncier), de fixer les périodes d'utilisation de certaines ressources (produits non-ligneux, chasse traditionnelle) et de contrôler les terres sacrées et les aires protégées des communautés.

Les ressources floristiques font l’objet de ponction diverses par les différentes communautés dans le complexe WAP. Pour les exploiter, les populations locales ont mis en place un ensemble de connaissances et de techniques transmises de génération en génération. Ces savoirs et savoir-faire déployés dans le cadre de l’usage de la flore varient en fonction des milieux, des considérations socio-culturelles et des potentialités de chaque localité.
Les connaissances sont perçues à travers l’usage, le discours et le comportement. Les résultats révèlent un usage multiple et multiforme dans des domaines aussi variés que celui de l’alimentation, de la pharmacopée traditionnelle, des pratiques cultuelles ou de l’usage domestique.

Pour pérenniser ces forme d’utilisation des ressources naturelles il a fallu que les populations locales développent des savoirs et savoirs-faire. S’il est indéniable que les savoirs locaux représentent un ensemble de connaissances léguées par les générations passées il n’en demeure pas moins vrai que ce legs, s’enrichit, s’adapte aux conditions du moment et obéit à un processus dynamique, confronté à l’épreuve de la réalité de tous les jours.